Le lieu est réservé, la programmation bouclée, les partenaires ont signé. Puis arrive la question qui fait souvent dérailler le calendrier : « Et le concept de sécurité ? » Pour beaucoup d’organisateurs, c’est le moment où l’on découvre que l’autorisation ne dépend pas seulement d’un formulaire, mais d’un dossier qui démontre que les risques ont été pensés, que les secours peuvent intervenir et que le public peut être évacué. À Genève comme dans le canton de Vaud, ce dossier est examiné par plusieurs services avant qu’une manifestation ne puisse avoir lieu. Mieux vaut savoir à l’avance ce qu’ils attendent.

Qui délivre l’autorisation ?

Les deux cantons ont des organisations différentes, mais un point commun : la commune reste au centre de la décision.

Dans le canton de Vaud : le portail POCAMA et la commune

Dans le canton de Vaud, le point de passage est le questionnaire POCAMA, que l’État de Vaud présente comme indispensable pour les manifestations qui nécessitent des autorisations, des préavis cantonaux ou des permis temporaires de vente d’alcool. C’est ensuite la commune du lieu de la manifestation qui délivre l’autorisation, en tenant compte des décisions ou préavis cantonaux.

La page officielle Demander une autorisation pour une manifestation indique que la demande doit être déposée au minimum trois mois avant le début de la manifestation, que le délai de traitement n’est pas garanti, et que des pièces complémentaires peuvent être exigées, notamment des plans, un programme et une assurance responsabilité civile. Elle précise surtout qu’aucune autorisation n’est délivrée en cas de dossier incomplet.

Le volet sanitaire est traité à part : lorsque les critères sont remplis, un formulaire d’annonce de dispositif médico-sanitaire doit être joint au dossier POCAMA, et le Bureau sanitaire des manifestations (BUSAMA) valide le dispositif.

À Genève : la commune, ou la police du commerce pour les événements d’importance cantonale

À Genève, la demande d’autorisation pour un événement de divertissement public se dépose auprès de la commune concernée, ou auprès du service de police du commerce et de lutte contre le travail au noir (PCTN) lorsque l’événement est d’importance cantonale. Elle peut se faire en ligne via e-démarches ou sur formulaire. La page officielle Obtenir l’autorisation d’organiser une manifestation liste les annexes possibles selon la nature de l’événement : course sportive, perturbation d’une ligne TPG, fête foraine, prévention du bruit, sécurité incendie et technique, utilisation de l’espace aérien, spectacle pyrotechnique, manifestation en forêt, entre autres.

Deux concepts relevant de la santé publique sont soumis au service du médecin cantonal :

  • Le concept médico-sanitaire : il est requis lorsque la fréquentation attendue dépasse 1’500 personnes (spectateurs et participants), ou lorsque l’autorité qui délivre l’autorisation le demande. Selon le site de l’État, un dossier incomplet ou non transmis entraîne un préavis négatif, qui peut conduire à un refus d’autorisation.
  • Le concept de prévention et de réduction des risques : il vise la consommation d’alcool et d’autres substances. Il est exigé lorsque plusieurs conditions sont réunies, notamment une fréquentation de 1’500 personnes ou plus, la présence attendue de jeunes, une animation musicale et la vente d’alcool. Le site de l’État indique qu’il doit être transmis au plus tard 60 jours avant la manifestation.

Enfin, la loi genevoise concernant la facturation des frais de sécurité lors de manifestations prévoit que les organisateurs des manifestations qu’elle vise (par exemple des rencontres sportives présentant des risques de violences ou des événements à but lucratif) établissent un concept et un budget préalables en matière de sécurité.

Ces règles évoluent et varient selon la commune, la taille et le type d’événement. Avant de bâtir votre calendrier, renseignez-vous auprès de l’autorité compétente.

Pourquoi l’autorité examine votre concept

L’autorité n’examine pas le dossier pour le plaisir de l’administration. Elle doit pouvoir répondre à trois questions avant de laisser des milliers de personnes se rassembler : les risques ont-ils été identifiés, les mesures sont-elles proportionnées, et les secours pourront-ils intervenir si quelque chose tourne mal ?

C’est aussi une question de responsabilité. Le site de l’État de Genève le rappelle à propos du concept médico-sanitaire : l’organisateur répond personnellement de la sécurité des personnes présentes. Le concept est la trace écrite qu’il a pris ce devoir au sérieux.

Un mot de vocabulaire, car il compte dans un dossier : la sécurité traite les risques accidentels (incendie, mouvement de foule, malaise), la sûreté traite les actes malveillants (intrusion, agression, menace). Un concept complet aborde les deux, et un bon dossier ne les confond pas. Nous détaillons cette distinction dans Sûreté ou sécurité : deux notions à ne pas confondre.

Quand s’y prendre ?

Plus tôt qu’on ne le pense. Les délais officiels, comme les trois mois minimum du canton de Vaud, sont des délais de dépôt, pas des délais de préparation. Or un concept sérieux suppose d’avoir déjà arrêté le lieu, la jauge, l’implantation, les horaires et les principaux prestataires. Il faut donc commencer à y travailler bien avant la date de dépôt, et réserver du temps pour répondre aux questions des services et ajuster le dispositif.

Ce que doit contenir le concept de sécurité

Le format exact dépend de l’autorité et de l’événement, mais les services attendent de retrouver les mêmes blocs.

  • Organisation et responsabilités : qui est l’organisateur, qui décide sur place, qui est le responsable sécurité, comment la chaîne de commandement fonctionne et comment on joint chacun.
  • Jauge et flux : capacité du site, public attendu, profil des spectateurs, arrivées et départs, files d’attente, zones de concentration, gestion des pics.
  • Accès et contrôles : entrées et sorties, contrôle des billets et des accréditations, fouilles éventuelles, zonage entre public, artistes, coulisses et logistique.
  • Secours et sanitaire : dispositif médico-sanitaire dimensionné selon l’événement, emplacement des postes, accès des ambulances.
  • Incendie et évacuation : issues de secours, largeur des cheminements, plans d’évacuation, signalétique, matériel de lutte contre le feu, sécurité des installations techniques.
  • Sûreté : analyse de la menace, scénarios de malveillance retenus, mesures de prévention et procédures de réponse (colis suspect, comportement agressif, menace).
  • Alcool et prévention : conditions de vente, protection des jeunes, mesures de réduction des risques lorsqu’elles sont exigées.
  • Circulation et stationnement : fermetures de routes, transports publics, accès des véhicules de livraison et d’urgence.
  • Communication : moyens radio, information du public, messages en cas d’incident ou d’évacuation.
  • Coordination avec la police et les secours : points de contact, réunions préparatoires, poste de commandement commun, procédures partagées.

Derrière chacun de ces blocs, l’autorité cherche la même chose : une logique. Les mesures doivent découler d’une analyse de risques, pas d’une habitude ou d’un modèle recopié.

Les erreurs qui font retourner un dossier

  • Un dossier incomplet : annexe manquante, plan absent, concept sanitaire non transmis. Dans le canton de Vaud comme à Genève, l’incomplétude suffit à bloquer l’autorisation.
  • Un concept générique : un document repris d’un autre événement, qui ne parle ni du lieu, ni du public, ni des horaires réels.
  • Des moyens sans justification : un nombre d’agents posé sans analyse ne démontre rien.
  • Des phases oubliées : montage, ouverture des portes, entracte, sortie, démontage. Ce sont souvent les moments les plus délicats.
  • Une coordination floue : on ne sait pas qui alerte qui, ni qui décide d’une évacuation.
  • Un dépôt tardif : il ne laisse plus le temps aux services de poser leurs questions, ni à l’organisateur d’y répondre.

Concevoir et mettre en place : le rôle d’un professionnel

Un concept de sécurité n’est pas un exercice de rédaction. C’est un engagement, examiné par les autorités, qui doit ensuite tenir sur le terrain. C’est pourquoi il gagne à être conçu et éprouvé par un professionnel.

Celui qui l’élabore connaît les attentes des services, sait présenter un dossier lisible et anticipe les questions de la police et des secours. Celui qui le met en place assure la coordination de la sécurité de l’événement : briefings, articulation entre agents, stewards, secours et police, ajustements le jour J. Lorsque la même équipe fait les deux, ce qui a été promis aux autorités est exactement ce qui est déployé.

Éprouver le dispositif fait partie du travail. Avant l’Euro féminin 2025, nous avons piloté au Stade de Genève un exercice grandeur nature réunissant environ 400 intervenants, précisément pour vérifier que l’organisation écrite fonctionnait en conditions réelles.

Questions fréquentes

Toutes les manifestations doivent-elles fournir un concept de sécurité ?

Non, les exigences dépendent de l’autorité, de la commune, de la taille et du type d’événement. Certains concepts sont liés à des critères précis, comme la fréquentation pour le concept médico-sanitaire à Genève. Pour un événement d’une certaine envergure, un concept écrit est de toute manière la meilleure façon de démontrer que les risques sont maîtrisés.

Qui examine le concept ?

Plusieurs services peuvent intervenir selon les volets : police, secours, service du médecin cantonal, police du feu, commune. Dans le canton de Vaud, le dossier passe par POCAMA et la commune délivre l’autorisation en tenant compte des préavis cantonaux. À Genève, la commune ou la police du commerce délivre l’autorisation selon l’importance de l’événement.

Peut-on déposer le dossier et compléter le concept plus tard ?

C’est risqué. Les sites officiels des deux cantons insistent sur le caractère complet du dossier, et certains concepts ont leur propre délai de transmission. Un dossier préparé tôt et complet reste la voie la plus sûre pour obtenir l’autorisation à temps.


Vous organisez une manifestation à Genève, dans le canton de Vaud ou ailleurs en Suisse ? Nous élaborons votre concept de sécurité et de sûreté, l’accompagnons auprès des autorités et le mettons en place le jour J. Découvrez notre offre de sécurité et coordination événementielle ou contactez-nous pour en parler.